• Négociation pour un Emplacement d'antenne

    Antenne de téléphonie : la préfecture n'a toujours pas tranché - Sainte-Luce-sur-Loire Négociation pour un Emplacement d'antenne

    jeudi 16 décembre 2010


    L'affaire de l'implantation d'une antenne relais de téléphonie mobile 3G, par Orange, sur un terrain privé de Réseau ferré de France, près de l'ancienne gare, remonte à la surface. La médiation de la préfecture est « dans l'impasse. La préfecture n'a toujours pas statué. On est toujours dans une situation de blocage », commente sobrement le collectif de riverains Charmilles-Marchinchère. Ils vivent dans des maisons à moins de 100 m du site où le pylône de 25 m doit être élevé.

    « Orange campe sur ses positions et maintient sa volonté d'implanter son antenne-relais à cet endroit. L'opérateur a refusé un autre terrain, proposé par la mairie, toujours le long de la voie ferrée, mais un peu plus loin des habitations. Lors de la dernière réunion en préfecture, Orange a même demandé le recours aux forces de l'ordre pour commencer les travaux. Heureusement, la préfecture a repoussé cette demande », expriment les riverains. Depuis plus d'an, ce conflit leur a coûté 11 000 € en procédures administratives et judiciaires. « L'usure financière est un risque, mais nous n'avons aucune usure morale », assurent-ils, en promettant de nouvelles actions.

    « Un risque sanitaire potentiel »Négociation pour un Emplacement d'antenne

    Le collectif des riverains a même repris espoir en recevant récemment le rapport du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). « Nous lui avions demandé d'expertiser une étude de risques présentée par Orange, explique le collectif des riverains. Les conclusions du rapport sont sans ambiguïté. »

    Que dit le Criirem ? « L'implantation de cette antenne sur ce site est contraire au principe de précaution puisque tous les éléments ne nous permettent pas d'écarter un risque sanitaire potentiel. » L'occasion pour les riverains de rappeler que « nous ne sommes pas contre le progrès. On demande juste l'application du principe de précaution : il y a doute, donc on ne fait pas. On ne va pas attendre d'être condamnés pour réagir. »

    Pas de charte avec les opérateurs...

    Depuis la suspension par le tribunal de l'arrêté municipal d'interruption des travaux, il y a un an, la mairie de Sainte-Luce n'est pas restée inactive. Lundi soir, au conseil municipal, elle voulait même faire voter une charte sur les antennes de téléphonie, proposée aux opérateurs. Finalement, le dossier a été retiré. « Nous voulions avoir une démarche préventive pour anticiper des demandes, en fixant des mesures d'encadrement des implantations d'antennes, indique Patrick Cotrel, adjoint à l'environnement. Notamment la mutualisation des installations, l'obligation d'être à plus de 100 m d'établissements sensibles (écoles...) ou d'habitations, imposant une limite d'exposition aux champs électromagnétiques. Mais les opérateurs ne souhaitent pas de chartes. »

    La municipalité va plutôt travailler sur une lettre d'engagement à respecter un guide de bonnes pratiques. C'est moins contraignant pour les opérateurs. Le point délicat de la distance par rapport aux habitations n'apparaîtrait plus.

    ...mais un coup de poker

    La commune joue également sur un autre tableau. Une façon de prendre Orange à revers. Elle négocie en ce moment avec Bouygues, qui cherche aussi à planter une antenne à Sainte-Luce. L'opérateur a trouvé un lieu dans un parc privé, toujours dans le même secteur de la gare. La mairie a proposé à Bouygues un autre terrain... Celui refusé par Orange. « On a fait une contre-proposition à Bouygues, on discute », se contente de dire Patrick Cotrel. Derrière ce coup de poker de la municipalité, l'objectif est sans doute de convaincre Orange de partager le même pylône.

    Christophe JAUNET.